Art

Sélection d'oeuvres.

Simon Margat

« La plume a reçu de la nature le pouvoir d’entraîner vers le haut ce qui pèse {...} C’est elle qui, d’une certaine manière, parmi toutes les choses corporelles, participe le plus au divin.»

Platon, Phèdre.

John Doe
Jane Helf
Joshua Insanus

Simon Margat

La plume est un des rares éléments matériels qui peuvent échapper à la pesanteur. Elle est chargée d’une mémoire vivante puisqu’elle faisait partie d’un organisme. Même lorsqu’elle est envisagée séparément du corps de l’oiseau, elle semble garder une sorte de vie autonome, tout en étant de la matière inerte.

Une plume est-elle vivante ou morte ?

Depuis l’âge de mes onze ans, où j’ai pris conscience de la mort de manière assez violente, je n’ai pas cessé de m’interroger sur ce qui peut subsister d’une existence après le décès. Dans beaucoup de mysticismes, on fait appel à des notions comme l’âme, ou le déterminisme du karma, ou encore la survie d’une énergie vitale. Tout en étant immatériels, ces concepts sont toujours liés directement ou indirectement à la notion de personne, de vie et d’existence.
J’ai toujours cherché à me représenter de tels concepts.
Comment pourrait-on représenter des âmes, des énergies vitales, des sentiments ?

Peut-on seulement leur donner une forme ?
Pour représenter cet indicible, j’ai choisi d’avoir recours à un matériau léger qui conserve en lui des traces vivantes : la plume. La place accordée au vide est primordiale dans mon travail. Ce vide évoque un souffle vital et laisse entrer la lumière dans les formes.
A travers mes structures éclatées et aériennes, j’imagine des individualités qui émergent et se structurent, un rassemblement de forces qui conservent la forme du corps qu’elles ont habité, ou peut-être, qui se préparent à donner forme à un nouveau corps.
C’est un espoir fragile de continuité. Ces plumes qui ont accompagné un être vivant trouvent une extension à leur existence, de même que beaucoup d’entre nous cherchent à perdurer d’une certaine manière, en étendant la vie au-delà des limites qui nous sont imposées.


Dans les dessins, je m’intéresse aussi à l’emprunte que laisse un corps dans l’espace et à son apparition, sa matérialisation progressive.
La technique du dotting, ou pointillisme me permet de faire émerger les formes du vide de manière progressive. Les corps atomisés semblent se rassembler et se structurer dans une sorte d’autogénèse, de la même manière que dans mes sculptures.

N'hésitez pas à poser vos questions, je m'efforcerai de vous répondre dans les plus brefs délais

Contactez-moi

simon.margat.feathers@gmail.com